Rien ne se passe jamais dans la petite ville de province où grandit Mila au début de la deuxième moitié du vingtième siècle. Une bourgade terne et triste, à l’image de ses parents, des gens froids et sans humour pour qui il est hors de question que leur unique enfant suive une formation de secrétaire. Mila se voit contrainte à renoncer à cette vocation pour entrer en apprentissage auprès d’un chapelier. Sans deviner que ce qu’elle vit comme une punition lui ouvrira les portes de Paris et des plateaux de tournage avant de devenir une véritable passion…

Couverture de La Capeline écarlate par Manuela Ackermann-Repond

UN UNIVERS DELICIEUSEMENT RETRO…

Il y a un côté nostalgique dans ce premier roman de la suissesse Manuela Ackermann-Repond. Sa couverture évoque instantanément la Ville Lumière, Audrey Hepburn et l’âge d’or du cinéma. L’auteure nous transporte avec un luxe de détails à cette époque où les artisans se brûlaient les mains en façonnant les chapeaux à la vapeur bouillante et où les gens convenables se faisaient fabriquer des couvre-chefs sur mesure. Elle excelle aussi à nous faire voir la capitale à travers les yeux émerveillés de la provinciale qui s’étonne de tout… Moi qui ai grandi dans un petit village, j’ai un peu reconnu mes réactions les premières fois que je me suis rendue dans des « grandes villes » (on ne rit pas, hein). Mais mes passages préférés sont ceux qui décrivent la vie de l’atelier de création de costumes dans lequel Mila devient modiste, à deux pas des studios de cinéma. Je n’ai aucune peine à l’imaginer, finissant d’orner une capeline de fleurs en soie, de rubans ou de strass, avant de courir l’apporter à la vedette qui le portera pour une scène cruciale. D’ailleurs, j’aurais souhaité en savoir plus sur cet univers magique, les coulisses où s’élaborent les rêves des réalisateurs… C’est peut-être le seul défaut que je trouverais à ce roman: celle d’effleurer un peu certains aspects et personnages qui, traités plus en profondeur, auraient pu enrichir encore le texte.

… OÙ LES APPARENCES SONT TROMPEUSES!

La Capeline écarlate se déguste comme un sorbet par temps de canicule: léger, très frais, on arrive aux dernières pages sans même s’en rendre compte. Et c’est là que Manuela Ackermann-Repond nous prend au dépourvu. Elle retourne subitement ce qui restait une romance assez classique, dans un coup de théâtre qu’on ne voit pas venir. Et soudain, un certain nombre d’éléments qui paraissaient à la limite de l’étrangeté prennent totalement sens… De quoi donner l’envie de revenir à certaines scènes pour les relire sous un tout autre jour et admirer l’adresse de la romancière! Même si j’aurais apprécié un peu plus d’explications autour de cette fameuse révélation. Mais chut… Je ne veux pas vous gâcher la surprise…

Ecriture agréable, intrigue à rebondissements et décor glamour: La Capeline écarlate fera une parfaite lecture estivale. A savourer coiffé(e) d’une capeline de paille, d’un borsalino, d’un bibi ou d’un panama, peu importe le style tant que l’élégance y est!

La Capeline écarlate, Manuela Ackermann-Repond. Editions Slatkine, Genève, 2017. 172 p.

 SI CE LIVRE VOUS INTERESSE…

Vous pourrez en apprendre un peu plus sur Manuela Ackermann-Repond en lisant son interview sur le blog Bouquiner. 

Mon exemplaire de ce roman m’a été offert par les Editions Slatkine et l’auteure. Je les en remercie!

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